mercredi 19 mai 2010

Anayi : le pont du coeur

salut à tous !

ce message s'adresse à tous ceux qui ont participé de près ou de loin au projet kaki un peu avant mon départ. vous en souvient-il ? la soirée au café lézard à la fin du mois de février, c'est gravé profondément dans mon coeur. et la 2e partie, qui s'est déroulée au village de ko-koumolou, l'est tout autant, sinon plus. je vous en fais donc ici un bien pâle compte-rendu...

à la mi-avril, j'ai rencontré les gens de l'ONG Anayi : pascal, bruno et le pasteur léopold sont ceux qui travaillent activement sur le terrain, et pas seulement pour donner à des enfants béninois la chance d'aller à l'école en leur donnant une tenue kaki. ils agissent dans plein d'autres domaines aussi, et ils sont franchement extraordinaires. je leur ai raconté un peu comment vous m'avez tous aidé à ramasser des fonds, et en ajoutant la contribution des autres membres du groupe, on s'est rendu à un grand total de 120 kakis. "ça va être une belle grande fête", nous a promis pascal. et il avait raison...

mercredi dernier, on nous a donc emmenés, moi et les membres du groupe qui étaient encore au bénin - catherine, david, sylvie et marie-ève- dans le complexe scolaire de ko-koumolou, un grand village tout près de porto-novo. tout près, mais tellement dépaysant... en quittant la route goudronnée qui sortait de porot-novo, on s'est retrouvé au milieu des plantations de palmiers, sur une route en terre rouge difficilement praticable en voiture. les petites maisons sont d'ailleurs elle aussi fabriquées en terre rouge. pas d'eau courante, pas d'électricité, et pas beaucoup de français non plus... en fait, les enfants font l'école en français, mais la plupart des adultes ne le comprennent pas. et on a roulé un bon moment sur cette route. puis, pascal a arrêté la voiture et on est sorti. au loin, on pouvait déjà voir une haie d'honneur formée de centaine d'enfants qui scandaient "anayi, anayi, anayi !" l'émotion nous a tous pris à la gorge. ben voyons donc, c'est ben trop... et dès qu'on passait, ils se mettaient à nous suivre, il y en avait partout, wow !!! une fois rendus dans la cour d'école, on a été accueillis par des musiciens et des danseurs. on s'est risqué à la danse, et on a beaucoup rit (; les yovos, il nous manque des morceaux, c'est sûr. même les tout-petits qui marchent à peine dansent mieux que nous (:

puis, on nous a installés à une grande table d'honneur. partout autour de nous, les gens du village, et plein, plein, plein d'enfants. les élèves avaient préparé des numéros de danse, d'acrobatie, de chanson, de musique, qui entrecoupaient les discours du directeur, de bruno d'anayi, du chef du village... et pendant que je regardais tout ça, l'émotion m'a pris solide ; je regardais les 80 kakis destinés aux élèves du primaire, et les 30 destinés aux élèves de maternelle, et je regardais tous ces enfants autour de moi, et je me disais : "merde, c'est tellement rien ce qu'on a fait, et c'est tellement pas assez... y'a plein d'enfants qui mériteraient un kaki et qui n'en auront pas"... j'avais les larmes aux yeux, vraiment. la pauvreté, c'est pas facile à voir, et c'est carrément frustrant. on se sent tellement impuissant et petit face à tout ça... et j'en étais là dans mes réflexions quand on m'a donné le micro pour que je fasse un discours...

j'avais la chair de poule et les larmes aux yeux et je tremblais. mais j'ai vu tous ces enfants qui riaient et qui dansaient, et j'ai pensé à chacun d'entre-vous qui avez rendu ce moment possible, jean-philippe en tête. ANAYI, ça veut dire "le pont du coeur". et le pont, il était là, entre vous tous que j'adore et qui m'avez soutenue dans ce projet, et ces enfants devant moi qui vont en bénénficier. et ça m'a recrinquée (:

"ce qu'on a fait, c'est bien peu comparé à la chaleur de votre accueil, merci, sincèrement, merci".

puis, a eu lieu la remise en tant que telle. il fallait voir les enfants s'approcher, et rire, et serrer leur kaki, fait sur mesure et identifié à leur nom... le regard des enfants ici, il est indescriptible. d'abord mature et sérieux et profond, parce que ces enfants travaillent tellement dur au quotidien... mais toujours plein d'étoiles brillantes qui s'allument dès qu'ils sourient... et un rien les fait sourire, et ça fait chaud au coeur, vraiment. on a pris plein de photos, avec un peu de chance, catherine et david, qui sont de retour au québec, vont pouvoir en mettre bientôt sur mon blogue. moi, je ne m'y risque pas, vu la vitesse de la connexion à allada. en tout cas, c'est pas grand chose ce qu'on a fait, mais c'est là et c'est bien réel. et on dit qu'une image vaut mille mots, alors j'ai bien hâte de pouvoir vous montrer le sourire des enfants de ko-koumolou !

je vous aime beaucoup et je pense très fort à vous -xxx-

je vous envoie très bientôt des nouvelles d'allada, que j'apprécie déjà énormément.

à bientôt, et merci encore d'avoir rendu ce moment possible

mélanie (:

p.s. pour ceux qui sont forts en calculs... 80 + 30, ça fait 110 kakis... les 10 autres sont destinés à des enfants qui fréquentent un orphelinat de Cotonou. une autre petite remise de kakis en perspective, je vous tiens au courant.

p.p.s. préparez-vous, parce que vous annonce déjà que je compte bien refaire une levée de fond pour les kakis l'an prochain, et je compte bien faire monter le kaki-o-mètre à plus que 120 (:
ce n'est qu'un début, héhé (:

1 commentaire:

  1. Encore bravo pour l'initiative, Mélanie! Ce fut une des expériences les plus mémorables du stage. J'espère que tu te plais bien à Allada et que la vie rythmée de Po'to-Novo ne te manque pas trop...

    David qui est entre deux mondes: le Bénin et le Québec...

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