bonjour à tous,
voici sans doute le dernier message que je vous envoie en direct de l'afrique. je fais juste écrire ça et j'ai les yeux plein d'eau...
en ouvrant mon agenda lundi, j'ai vu en haut de la page "semaine 16". et je me suis vue en ce jour du mois de novembre en train de calculer les jours et les semaines pour la bourse à la mobilité, et de planifier 10 millions de trucs pour ce projet... c'est comme si c'était hier, et là, ce voyage qui m'a occupée et suivie et habitée pendant tellement longtemps est presque terminé... avant chaque départ, j'ai ces mots de daniel bélanger qui me trottent dans la tête :
"je crée ma vie je l'aime chaque jour et pourtant
moi convaincu de bien me connaître
je ne suis jamais là ou j'aimerais être
j'ai gagné des villes en espérant m'y rencontrer
mais je n'étais jamais au rendez vous
je n'étais pas là où j'devais être
la rivière qui coule, qui va qui refoule et fonce sans pardon
sans trop le savoir tu m'as fait entrevoir un possible horizon
si on reste au même endroit un long moment tranquille
entre-t-on peut être pour de bon
en collision avec soi ?"
un petit deuil à faire quoi, mais la vie, c'est comme ça, ou bien ? et même si j'ai souvent l'impression que le chemin de ma vie est un peu tortueux, il est immensément riche et il me plaît bien comme ça (:
enfin bref, je vous laisse un peu avec mes états d'âme (:
mon stage 5 s'est terminé aujourd'hui et ne vous inquiétez pas, je n'ai pas changé de projet depuis la dernière fois. j'ai beaucoup apprécié ma courte expérience dans une ONG qui fait de la sensibilisation pour le sida. j'ai rencontré bien des gens, discuté énormément et mis les pieds dans des petits villages de fond de brousse où j'ai vu tellement de choses et tellement appris... la région d'allada est vraiment jolie, avec ses grandes dépressions et ses vallées... la végétation est vraiment très riche ici, c'est vert partout... et les arbres sont magnifiques, vraiment. y'a rien de plus beau qu'un grand baobab ou un iroko qui se dresse tout seul au milieu de la brousse. et toute cette verdure est traversée par des chemins de terre rouge plus ou moins large et / ou praticables, et parsemée de petites maisons en banco = aussi de la terre rouge. et sur ce fond de vert et rouge et de ciel bleu, les mille et une couleurs des pagnes que portent les africains, et des paniers et des marchandises que les femmes et les enfants portent sur leur tête... tout ça va me manquer, vraiment. et la gentillesse des gens, et la frénésie des marchés, et les voyages dans des taxis surchargés, et le regard amusé des enfants... parce que des enfants ici, il y en a partout ! presque chaque femme a un enfant au dos, et dès qu'on s'assoit quelque part, y'a des enfants curieux et amusés qui sortent d'on ne sait pas où pour venir vous voir. le quotidien n'est pas toujours facile au bénin. mais n'empêche que c'est plein de vie ici, et les béninois trouvent toujours le moyen de rire et de sourire (:
fin de mon stage 5 donc. je passe la fin de semaine à allada, pour ensuite aller passer les 2 jours restant à porto novo. et mercredi soir, hop dans l'avion, et en route pour la bretagne...
je terminerai avec des petites choses qui m'ont fait sourire dans les derniers jours...
alors, tu réalises que ça fait longtemps que tu es en afrique quand...
-tu dis spontanément aux gens que tu croises dans la rue ou ailleurs des choses comme "bonne assise", "tu es là", "tu es en train", "c'est comment?"
-tu ne sais même plus quelle impression ça fait d'avoir les cheveux détachés et de ne pas avoir de bandeau sur la tête
-plus souvent qu'autrement, tu portes le pagne comme les africaines, parce que de toute façon, tes vêtements sont plein de trous ou ils sont tâchés
-LA chose que tu as terriblement envie de manger, c'est de la pâte avec de la sauce gluante et du poisson, même si tu en manges au moins 8 fois par semaine. et bien sûr, tu refuses la fourchette qu'on t'offre pour la manger (:
-croiser un cafard ne te fais même plus sourciller... tu prends une de tes tapettes (c'est comme ça qu'on appelle les gougounes ici), tu l'écrases et tu le pousses un peu plus loin, c'est tout (alors que les cafards, c'est à peu près le seul insecte au monde qui m'écoeure vraiment, parce que ça fait crounch quand on l'écrase...)
-tu arrives à parler au cellulaire et manger des arachides sur une moto qui roule sur des chemins cahoteux
-tu réalises en retrouvant ta paire de souliers poussiéreuse que depuis 4 mois, tu n'as jamais porté une paire de souliers fermés, en témoigne les intenses démarcations de sandale sur tes pieds (ça fait beaucoup rire les gens ici d'ailleurs de voir que nous les yovos, on change de couleur au soleil... et c'est difficile de leur expliquer que non, à l'inverse, il ne vont pas devenir blancs même s'ils viennent passer l'hiver au canada (; )
mais ne vous inquiétez pas, vous devriez quand même me reconnaître quand vous allez me revoir au mois d'août (:
bon allez, je n'ai presque plus de temps pour vous écrire, alors j'arrête ici, et je vais aller profiter à fond des derniers jours qui me restent à passer ici. je vous embrasse, et la prochaine fois, c'est mélanie la malouine qui vous enverra des nouvelles...
gros bisous plein de chaleur et de soleil
mélanie (:
p.s. dimanche dernier, sous une pluie diluvienne, je me suis rendue avec les gens d'anayi pour remettre les derniers kakis dans un orphelinat près de cotonou. les enfants qui y sont hébergés (ils sont une dizaine) apprennent à faire du tissage et de la menuiserie. franchement, ils sont très talentueux, et bien sûr très accueillants (: 4 garçons et 4 filles âgés de 8 à 12 ans ont reçu un kaki et ils vous remercient sincèrement. et moi aussi, je remercie encore tout ceux qui ont participé à ce projet. quand je serai à st-malo, je vous enverrai quelques photos (:
Un kaki reprend son souffle
Il y a 11 ans
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