jeudi 19 avril 2012

Une autre histoire de transport...

Vendredi, 6 avril, 15h : Coco et moi prenons un taxi-moto pour nous rendre à la station de taxis pour aller à Kpalimé, pour le mariage de Koffi, le meilleur ami de Coco.

Arrivée à la station : un gars s’empare du sac de Coco et le met dans la valise de son taxi, et il garoche presque Coco dedans avec ! Bon, taxi, c’est un grand mot. Taco serait plus approprié. Mais le gars en question est un cousin du côté du père de Coco, donc on n’a pas trop le choix de partir avec lui…

15h15 : c’est parti, ça roule, yé !  Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes

16h15 environ : apparition de gros nuages noirs… et peu après, pluie diluvienne à la puissance 10 !!! On ne voit plus rien devant, mais surtout, les fenêtres arrière de ce vieux taco ne se ferment plus vraiment. Résultats : il nous mouille dessus !!!

Le chauffeur s’arrête et sort un grand plastique jaune. On le coince dans la fenêtre, ça dégoutte encore un peu, mais c’est légèrement moins pire. Et c’est reparti !

C’est pas une voiture qu’il nous faudrait, c’est une pirogue… Impression de faire de l’aquaplanage… mais quel est ce bruit étrange ??? La voiture s’arrête à nouveau : crevaison...

On attend, on attend que la pluie se calme… ça ne se calme pas… et l’eau commence à monter dans la voiture !!! Alors le brave chauffeur prend son courage à 2 mains : il sort de la voiture, et ramasse quelques cailloux au bord de la route. Il empile les cailloux pour lever la voiture, enlève le pneu, interpelle une moto au passage et part faire réparer la crevaison (parce que bien sûr, ça aurait été trop facile s’il y avait eu un pneu de secours dans la voiture… On attend, on attend… la pluie finit par se calmer, on peut sortir prendre de l’air un peu. « Ma sœur, faut pas te fâcher, c’est l’Afrique ». Je ne suis pas fâchée du tout ( :  On n’est pas trop pressé, et je le sais bien que c’est l’Afrique…

Ah, revoilà le chauffeur avec sa roue.  C’est dans ces moments là qu’on est content d’être la seule yovo et la seule fille dans un taxi : tous les gars s’y mettent, en s’éclairant avec la fonction torche de leurs téléphones portables parce que la nuit commence à tomber. Et ça y est, le pneu est changé, yé ! Tout le monde dans la voiture, les pieds dans l’eau et les fesses mouillées !

La voiture fait à peine 10 mètres et s’arrête à nouveau : panne d’essence… (parce qu’il ne faut pas compter sur la petite aiguille du tableau de bord pour vous indiquer que votre réservoir est vide… y’a rien qui fonctionne sur le tableau de bord d’une voiture africaine, même pas le compteur de vitesse). Le chauffeur repars en moto et reviens avec une bouteille en plastique pleine d’essence et un entonnoir (les stations services sont plutôt rares ici…). Et c’est pas tout, il fallait qu’elle redémarre cette voiture ensuite… alors les gars ressortent, et poussent par en avant… ça tousse, ça tousse, mais ça démarre pas… et ils poussent par en arrière… et encore par en avant, et par en arrière, pendant environ 20 minutes, et VROUM VROUM, ça roule !

Tout le monde rembarque. Et les derniers kilomètres se déroulent dans la bonne humeur générale : on a beau être mouillés et fatigués, les gars chantent à tue-tête, tout le monde sourit, et on ne peut que se laisser entrainer par les rythmes et la bonne humeur. « Tata, tu n’es pas fâchée hein ? » Au contraire ! C’est dur à expliquer, mais c’est justement ce type d’expérience qui fait qu’on aime tellement l’Afrique…

p.s. La route : les trous sont rebouchés, la terre a été retapée, on a même eu droit à une 1ère couche de goudron, qui est maintenant recouverte de petits cailloux. Les caniveaux sont maintenant recouverts de dalles en béton (mais comme ils sont plein de terres et de déchets, ils se remplissent dès qu’il pleut) et les trottoirs sont terminés. Bref, ça commence à ressembler à une route tout ça. Peut-être en verrais-je la fin avant que l’année scolaire ne soit terminée ?

p.p.s. Terminales = terminé ! Pour les mois de mai et juin, j’aurai donc une classe en moins, ce qui va certainement me faciliter beaucoup la vie. Je profite présentement de mon dernier congé, puis, dernier stretch avant la fin de l’année scolaire… Le temps passe vite !

Bisous ensoleillés à tous, donnez-moi des nouvelles et à bientôt !

mélanie (:

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