Ceux qui ont déjà voyagé le savent : le début d’un voyage, c’est s’embarquer dans d’énormes montagnes russes émotionnelles ! Et cette fois, c’est toute seule que je suis montée dans le manège… Tout un défi pour moi !
Pas besoin de vous dire que dans l’avion, j’étais un peu stressée…surtout qu’il y avait énormément de retard sur le vol Paris-Lomé. 3 heures de retard, arrivée à 10h du soir. Je descends de l’avion et je me retrouve plongée dans la cohue africaine. Je parviens tout de même à passer les douanes et récupérer mes bagages… Je prends un grand respire, je passe la toute petite porte de sortie… tous ces gens de l’autre côté… et tout à coup, dans la foule, cette petite affiche :
École Arc-en-ciel recherche Mlle Mélanie Cloutier. Soulagement ( :
Rendue là, on s’en fou des porteurs qui veulent un petit cadeau même s’ils n’ont pas porté mes valises, de la voiture dont les phares ne marchent pas et du coffre à gant qui me tombe dessus à chaque soubresaut, au grand désespoir de Colany, le chauffeur de l'école (qui était sur le point de partir de l'aéroport parce que je n'arrivai pas... quelle chance quand même !). Tata Maï, la responsable de l’internat, ne savait pas que j’allais arriver ce soir là… peu importe, elle me sort des draps et je me réfugie sous le moustiquaire. L’internat est super confortable, le grand luxe : un oreiller, un ventilateur, de grandes chambres, douches et toilettes super propres… Mais je ne trouve pas le sommeil…
Je me réveille toute seule dans l’internat. Je suis la 1ère arrivée. Y’a un p’tit déjeuner qui m’attend, mais j’ai pas très faim. Où suis-je ? Aucune idée ! Je reconnais cette odeur si particulière à l’Afrique, le bruit incessant des klaxons de voiture et de motos, celui des tatas qui balaient… je passe mon matin à regarder par la fenêtre et à étudier ce plan si peu détaillé de la ville qu’il y a dans mon guide. Midi, toujours personne… J’explore un peu le bâtiment, je trouve un escalier et je me retrouve sur la plus grande terrasse du monde, sur le toit de l’école. Surprise : la mer est là, toute proche. Et cette brise… C’est la fin de la saison des pluies, il fait frais au Togo présentement. À peu près la même température qu’à Montréal en fait.
13h30. Je prends mon courage à 2 mains, je sors de l’internat. Il doit bien y avoir un gardien dans cette école ! Je le trouve, il dort sur un banc à l’entrée. Haïté me donne qqs indications, et je sors… Comme j’aimerais avoir un super Brice pour me guider… mais je dois me débrouiller toute seule cette fois ! Je marche au hasard des rues. Ça ressemble tellement au Bénin, c’est fou ! Sauf qu’on se fait moins interpeller. Juste qqs enfants qui disent « bonsoir yovo ». Autre différence aussi : y’a plein de stations services (des vraies !) et des édifices à étage, et les rues sont larges... Lomé semble une ville confortable, juste assez grande mais pas trop, et pleine de vie ! Je repère une banque avec un guichet. Yé, j’ai des sous, c’est un bon début. Je reviens sur mes pas, et tout d’un coup, je décide de me diriger vers le bord de mer. Étrange, la plage est bordée de cocotiers et… d’un énorme boulevard !!! C’est hyper bruyant ! Et dans la cohue, j’entends « hey, yovo ! yovo, bonjour ! ». Je me retourne et je fais la rencontre de Coco, un sympathique togolais qui m’a gentiment fait faire le tour de la ville et qui a usé de ses contacts pour m’aider à trouver un téléphone portable pas trop cher. Il m’a même prêté des livres sur l’histoire du Togo pour m’aider à préparer mes cours !
Bon, je suis maintenant connectée à la civilisation, et en plus, j’ai un ami togolais ! Si c’est pas avoir une bonne étoile ça ! Le sentiment d’angoisse qui me hantait depuis le matin s’atténue un peu… Retour à l’école, tata Maï est revenue et m’a fait à manger. Elle me fait beaucoup penser à Emma, ma maman d’accueil d’Allada. Une autre nuit sans sommeil. Tant de choses dans mon esprit…
Un autre matin toute seule. Mais sur l’heure du midi, Nassim, une irano-afriquedusudo-rwando-italienne qui a enseigné ici l’an dernier arrive. Déjà, je me sens beaucoup mieux ! On discute beaucoup, elle me fait faire le tour du quartier pour me donner les bonnes adresses, me parle un peu de la vie à l’école… Puis, en soirée, 2 autres nouveaux collègues arrivent. Ils sont américains et parlent à peine français. Ils sont arrivés ici sans visa, sans médicaments pour le palu et c’est leur 1ère expérience en Afrique. Alors finalement, j’angoisse pour rien, je me rends compte que je pars avec une bonne longueur d’avance ( :
Une autre nuit sans sommeil. Mais cette fois, c’est parce que j’entrevois déjà à quel point cette expérience sera fabuleuse. Même si je sais que ça va prendre du temps avant que les choses se placent. C’est comme ça ici ( : Il faut juste que je me laisse le temps d’arriver et de poser qqs repères … Et voilà où j’en suis pour le moment !
Mon nouveau numéro de téléphone pendant que j’y pense :
011 228 98 79 12 17
Voilà voilà ! Et vous savez quoi ? Y internet à l'internat, alors je devrais pouvoir vous donner des nouvelles assez régulièrement !
Je vous embrasse et à bientôt -xxx-
mélanie (:
p.s. Pour Catherine et David : non seulement y’a des fanmilk au Togo, mais j’ai une centrale fanmilk au bout de ma rue, à 2 maisons de chez-moi ! c'est un des 1ers sons que j'ai reconnu en me réveillant jeudi matin !!!
Un kaki reprend son souffle
Il y a 11 ans
Wow Mélanie! Mais tu es fabuleuse alors je ne m’inquiète pas pour toi! Bon repérage! C’est toujours un bonheur de lire tes aventures!
RépondreSupprimerCathy xxx