dimanche 4 décembre 2011

Bilan du 1er trimestre...

Bonjour à tous !


Et ben ça y est, c’est le mois de décembre… Difficile à croire sous la chaleur, les palmiers et le vent rafraichissant de la mer ( :

Déjà décembre, un 1er trimestre dans ma « vraie » vie d’enseignante de terminé, yé !
Mes notes sont remises, mes bulletins sont terminés. C’est fou comme ça déboule vite !!! « Vous allez voir, les 3 premiers mois, vous allez en bavez, nous a dit le directeur en tout début d’année, mais après Noël, les choses vont aller d’elles-mêmes ».

En septembre, j’avais peine à la croire… Je me sentais complètement écrasée par l’ampleur du programme à assimiler, des connaissances à acquérir et de la tâche à accomplir. Je ne dormais pas très bien (stress + coqs et autres bruits divers), je mangeais à peine, et je travaillais pratiquement tous les soirs et les fins de semaine… « Les choses vont aller d’elles-mêmes, mon œil !!! »

Et bien au bout d’un trimestre, je pense pouvoir dire que progressivement, j’ai réussi à l’atteindre ce fameux stade ! Oh, y’a toujours autant de boulot, mais maintenant, j’ai mes habitudes, mes petites routines. Je maîtrise mieux les rouages de ce programme complexe qu’est le bacc international, je connais bien mes élèves, j’adore mes collègues de travail et je sais où trouver les rares, mais précieuses ressources dont je dispose pour préparer mes cours. Fini le stress du mois de septembre: j’ai définitivement retrouvé l’appétit (y’a trop de bonnes choses à manger ici, et trop de gentilles tatas à tous les coins de rue pour nous tenter !), je me suis remise à dormir comme une bûche (même les coqs ne me réveillent plus), et je ne travaille (presque) plus à la maison les soirs de semaine et les dimanches. Mine de rien, ça fait du bien !

Donc, une journée dans ma vie de prof, ça ressemble à quoi ?

5h00 : début du réveil progressif. Tranquillement, le bruit des gens qui balaient et le cocorico sonore des coqs s’intègrent dans à mes rêves…

5h30 : les cloches de l’église sonnent. Réveil définitif !

6h00 : lever de corps. Serez-vous surpris ? Mon alarme ne m’a jamais réveillée depuis mon arrivée !

7h15 : départ pour l’école. Votre mission si vous l’acceptez : contourner les camions, les tas de terre et les 4X4 des chauffeurs qui viennent porter les enfants du primaire et du secondaire au pied de la porte, éviter les trous et éviter de trop se mouiller les pieds (je veux pas vous décevoir, mais depuis le passage de sam et jp, les travaux n’évoluent plus beaucoup sur la route. Tout ce qu’on fait, c’est l’arroser à tous les jours. Non mais, ils pensent que c’est un arbre ou quoi ???)

7h30 : début des cours. Les lundis-mercredis-vendredis, je commence directement avec ma classe de 2de. 18 élèves hyper énergiques, un peu bavards mais très travaillants. Plaisir garanti !

8h30 : on enchaîne avec mes 3 filles de 1ère. Comme dirait Corinne, que du bonheur ! Ce sont les 3 plus douées de la classe de 1ère, des filles hyper allumées, brillantes, travaillantes et terriblement sympathiques. 2 d’entre elles viennent de la Côte d’Ivoire et sont arrivées tout récemment au Togo. C’est quelque chose tout de même de voir ces belles filles souriantes vous parler des moments difficiles qu’elles ont vécu là-bas, comment elles ont du se cacher et fuir la guerre… Les troubles en Côte d’Ivoire, ce n’est plus juste des reportages télévisés pour moi maintenant…

9h30 : récré !

9h50 : la classe de terminale. Heureusement qu’il y a les 1ères pour me crinquer avant, parce que je vous jure que ces élèves là, ce sont les 4 plus grandes larves humaines que j’ai jamais vu !!! (la classe au grand complet cause beaucoup de maux de tête à l’ensemble des professeurs présentement. Sur 20, 16 sont présentement en situation d’échec pour cause de manque de travail et de paresse généralisée…). C’est épuisant d’essayer de les pousser dans le dos constamment pour tenter de les faire avancer et travailler… et après ça, ils me disent qu’ils veulent aller à Harvard l’année prochaine… euh, y’a un p’tit problème là ! Desfois, je me dis que 36 ados rebellent qui m’envoient promener en grimpant dans les rideaux ne me fatigueraient pas autant !

Fin de ma journée d’enseignement ( :
Et oui, j’ai cette chance inouïe de donner tous mes cours le matin.

12h00 : dîner ! Soit je vais à la maison, soit je rejoins quelques collègues chez Lucie, qui a installé sa table et ses bancs tout près de l’école, sous un très bel arbre, et qui vend tous les jours des bananes plantains, des patates douce et de l’igname, avec du riz, des œufs, de la pâte et toutes sortes de trucs. Un régal pour 3 fois rien ( :

13h00 : retour à l’école. Pas facile de se mettre au travail après avoir bien mangé. Surtout qu’à cette heure là, il fait très chaud, et la salle des profs n’est pas climatisée (en fait, elle pourrait l’être, mais si on part l’air climatisé de la salle des prof, c’est la goutte d’eau qui fait sauter le disjoncteur et coupe toute l’électricité dans l’école…). D’ailleurs, parlant de coupures d’électricité, c’est le début de la « saison » apparemment… elles sont de plus en plus longues et fréquentes….

13h00 à 16h00 : quand on n’a pas de réunion – ce qui est assez rare et encore, je n’ai pas à me plaindre parce que je suis une des rares profs à ne pas être sur 18 comités – c’est le moment de faire des recherches, de lire, de planifier… et d’aller embêter onan, le technicien informatique. Je vous jure qu’il faut s’armer de patience ici pour imprimer un truc ou faire des photocopies. Surtout que nos ordis sont au rez-de-chaussée, mais pas l’imprimante, qui est au 1er étage… mais bon, ça fait faire du sport… et ça exerce ma patience ( :

16h00-16h30 : fin de la journée, yé !

Alors là, c’est le moment d’aller à la piscine nager un peu (une piscine extérieure qui se fait chauffer au soleil toute la journée… je vous jure, c’est comme nager dans son bain), d’aller faire quelques courses, de cuisiner ou de discuter avec les collègues de l’internat. Nous sommes 6 maintenant. Un mélange tellement improbable de 6 personnes tellement différentes… mais on s’entend vraiment très bien !

Et à 21h30, 22h30 au plus grand tard : douche et dodo sous le ventilo.

Et ainsi filent les jours de ma semaine…

Bon, c’est dimanche et j’en ai marre d’être derrière cet ordinateur, alors je vous laisse là-dessus et je vais faire comme bon nombre de loméens font le dimanche : je vais aller à la mer, profiter du vent frais, regarder les vagues et faire le plein d'énergie pour cette autre semaine qui va commencer ( :

bisous –xxx-

mélanie ( :

p.s. anecdote piscine pour finir : les africains, pour une très grande majorité, ne savent pas nager. Aller dans l’eau n’est pas une idée qui les intéresse. Mais certains se risquent tout de même… alors imaginez 2 jeunes dames bien dodues qui arrivent à la piscine. Une s’assoie sur le bord, l’autre entre dans l’eau mais se tient sur le bord… dans la partie creuse bien sûr. Et allez savoir pourquoi, à un moment donné, elle s’éloigne du bord… et bien sûr, elle ne sait pas nager. Réaction de son amie : « maître, maître (nageur), elle se noie là. Elle se noie ». Le tout, dit sur le ton le plus calme au monde, sans qu’elle ne fasse même l’effort de se lever. Et le maître nageur, où est-il, justement ??? Personne ne semble paniquer sauf moi… Finalement, un jeune homme plonge et aide la pauvre fille à revenir sur le bord. Elle s’assoie dans l’échelle, les 2 seins à l’air, et elle éclate de rire, tout comme son amie. Et le maître nageur qui arrive, finalement. Et tout le monde qui se fou de sa gueule parce qu’il n’était pas là quand on avait besoin de lui… Les gens ici ont cette capacité fabuleuse de prendre tout en riant. Tiens, ça pourrait être le titre d'une prochaine chronique ça : rire au Togo... et Dieu sait que des raisons de rire ici, il y en a !

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