samedi 15 octobre 2011

Coquetterie - partie 1 (:

Vous savez tous ce que je dis sur mes cheveux : une surprise de tous les matins. Je les lave le soir, je me couche dessus, et beau pas beau le lendemain matin, je m'en fou, je ne consacre pas plus de 5 min. à essayer de faire qqchose de ma tignasse indomptable. J'ai abandonné la lutte depuis longtemps !
Dans cette optique de "je ne veux pas m'emmerder à consacrer du temps à mes cheveux tous les matins (surtout qu'ici, avec l'humidité, c'est la folie furieuse), je me suis dis : "mais si je me faisais faire de jolies mèches comme les africaines ! je n'aurai pas besoin de m'occuper de mes cheveux pendant 1 mois !"

Distinction importante : les tresses ici, c'est ce qu'on fait à partir de vos vrais cheveux. elles sont souvent collées sur la tête (comme ce que j'avais lors de la cérémonie des kakis l'an dernier). les mèches, c'est quand on ajoute des mèches synthétiques à vos vrais cheveux. Cette fois-ci, j'ai opté pour la totale, l'option 2.

Donc, si on veut se faire tresser des mèches, ça implique qu'il faut d'abord acheter des mèches. Pour acheter, le meilleur endroit, c'est bien sûr legrand  marché. Quand on s'y connaît, évidemment (il faut absolument que je vous fasse une chronique sur le marché un de ces 4). Ne m'y connaissant pas trop encore moi-même, je fais appel à super Coco. Il travaille au grand marché après tout ! Vendredi dernier donc, après l'école, Coco vient me rejoindre. Direction : le grand marché. Mission : acheter des mèches. Grand bain de foule au milieu des marchandises de toutes sortes (j'adore ça !). Au milieu du marché, qui entoure la cathédrale construite par les allemands au début du siècle (le togo était une colonie allemande avant la 1ère guerre mondiale - cours d'histoire togolaise pour une chronique subséquente), un grand bâtiment à étages. On monte un grand escalier en contournant les tatas, les marchandises et les déchets de toutes sortes. Un ami de Coco nous conduit à l'intérieur : un labyrinthe de petits étalages REMPLIS de mèches synthétiques de toutes les couleurs, et de perruques, partout  (et oui, les femmes se font très souvent "coudre" des perruques sur la tête ici. ce qui fait que d'une semaine à l'autre, les gens peuvent complètement changer de tête... desfois, j'ai de la misère à reconnaître mes élèves le lundi matin !) Et du monde... Pourquoi on s'arrête devant cette dame là plutôt que celle d'à côté ou celle d'en face, qui vendent exactement la même chose ? Je n'en sais rien.

"C'est quel numéro?"
-hein ? numéro de quoi ?
-pour la couleur !
-euh.... ben euh...
-numéro 1, c'est noir.
-non non, pas noir ( vous m'imaginez avec des mèches à moitié noires et à moité châtain.???)
-alors 27 ?
27, c'est un genre de blond châtain, assez proche de ma couleur
-ça me semble bon !
-combien ?
-combien quoi ?
-combien de paquets ?
-euh... je sais pas trop... combien il faudrait pour ma tête ?
longue discussion entre coco, l'ami de coco, la dame qui vend les mèches et la dame qui vend les mèches en face. on hésite entre 2 et 3 (c'est tout ce que je comprends de la conversation, qui se déroule en minan : évé = 2, èton = 3)

Le 3 l'emporte. Hic : il n'en reste que 2 paquets dans ce kiosque. Plus personne ne dit rien. Et on attend. On attend quoi ? Ici, ça arrive souvent quand on achète des trucs. Des grands moments de silence entre les discussions animées et les négociations sur le prix.

Dois-je dire qqchose ? Y a-t-il une question qui m'a échappée ? Ah, revoilà l'ami de Coco qui revient avec le 3e paquet de mèches no.27. Ah, c'est ça qui m'avait échappé ! Dans la frénésie de la discussion et des tatas qui circulent dans tous les senns, je ne l'avais pas vu partir. Je règle le tout, merci à tout le monde, et re-dédale de couloirs. "On va passer par ici, c'est un raccourci".

Raccourci est un mot dont la définition n'est peut-être pas la même ici. En tout cas, on descend d'un étage (nous étions au 2e), et nous voilà, cette fois-ci, au milieu des "nana benz" : des dizaines et des dizaines de tatas assises devant de grandes armoires en bois dont les 2 portes sont grandes ouvertes, et qui vendent des pagnes de toutes les couleurs du monde. Les "nana benz" - c'est le nom qu'on donne à ces bonnes dames - faisaient de très bonnes affaires dans les années 70 apparemment. Tellement qu'on raconte qu'elles pouvaient s'offrir des Mercedes Benz. D'où le nom de nana benz. Aujourd'hui, c'est un peu moins le cas, même si elles sont encore célèbres...

Un peu étourdie par toutes ces couleurs, je suis Coco le long d'un autre escalier. Nous voilà au rez-de-chaussée. Des vitrines entières de bijoux dorées, et... soudain... boucherie !!! plein de méga morceaux de viandes qu'on découpe sur de grandes tables en bois et dont pas un centimètre n'est épargné par les mouches... âmes sensibles, s'abstenir ! et nous voilà finalement de l'autre côté du bâtiment, de retour sur le plancher des vaches, dans la frénésie du marché... ouf, ça vaut bien un verre chez pajar, au milieu des perroquets en cage qui font la fierté de l'établissement.

fin de l'étape 1. à suivre !

mélanie (:

1 commentaire:

  1. Mélanie, tu me laisse tellement en haleine... Je veux voir de quoi tu as l'air au plus vite! J'espère que tu ne nous laisseras pas dans l'attente trop longtemps, car tes lecteurs en redemande... Ça ne peut pas être pire que ma coupe de cheveux à la bonhomme Playmobil, tête à claque, en aout dernier en Tunisie!

    Reviens-nous vite!

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