-Bonne arrivée !
-Merci !
-Et comment ?
-Ça va bien merci, et toi ?
-Oh ça va, ça va.
-Et la journée ?
-Ça se passe bien, merci !
-À tout à l’heure – heyzande !
Bip bip bip bip (moto qui klaxonne frénétiquement)
-Oleya ! (tu veux que je t’amène ?)
-Je veux bien. Je vais au marché, c’est combien ?
-300 francs
-AH (sur un ton très aigu). Aho (non), 200.
Petit signe de tête du chauffeur qui veut dire « allez, monte »
Bip bip bip bip (moto qui klaxonne frénétiquement)
- On bouge ? (dit le chauffeur en levant le doigt et continuant de rouler mais en regardant derrière lui - donc dans ma direction – plutôt que devant)
-Aho, non merci ! Je vais marcher !
-Bonsoir mademoiselle ! Je vous emmène ?
La question est posée par un monsieur qui pousse une genre de grande brouette remplie de caisses de bouteilles de sucreries (boissons gazeuses) et de bières, certaines pleines, d’autres vides.
-Hein ???? Vous voulez me pousser jusque chez moi ???
-Mais oui, vous allez vous fatiguer à marcher ! (les gens ici pensent toujours qu’un yovo, ça se fatigue au moindre effort. Tout le monde veut toujours porter nos sacs, s’étonne quand on marche pour aller quelque part ou nous offre une chaise dès qu’on arrive…)
-Mais oui, vous allez vous fatiguer à marcher ! (les gens ici pensent toujours qu’un yovo, ça se fatigue au moindre effort. Tout le monde veut toujours porter nos sacs, s’étonne quand on marche pour aller quelque part ou nous offre une chaise dès qu’on arrive…)
-Mais non, c’est toi qui va te fatiguer si tu me pousses ! Je suis lourde !
-Mais non, je peux vous emmener sans problème !
J’éclate de rire à m’imaginer sur le bord du grand boulevard, assise sur un charriot plein de bouteilles vides en train de me faire pousser par un gentil vendeur de boissons ( :
-Merci beaucoup pour la proposition, mais je vais marcher, pas de problème.
-Bon, si c’est votre volonté. Bonne soirée mademoiselle, que dieu vous protège !
Et voilà le vendeur qui me dépasse et file d’un pas alerte
- Afio ! O fouan ?
-Yooooooo. O fouan, je comprends (ça veut dire ça va ? et on répond un long yoooooooo). Mais Afio ? Qu’est-ce que ça veut dire ?
-Ah ! Afio, c’est le nom pour le vendredi.
-Hein ?
-Mais oui, c’est le nom qu’on donne à une fille qui est née le vendredi.
Mais suis-je née un vendredi ??? Pas la moindre idée !
-Et toi, tu es né quel jour ?
-Un lundi.
-Alors ton nom c’est Kodjo, ou bien ?
Regard estomaqué de cet ouvrier togolais qui m’a interpellé. Et oui, les noms de garçon, je les connais, Coco et Haïté, le gardien de l’école, m’avaient déjà appris ça. Un point pour la yovo, héhé !
-Ah, toi, tu es africaine ! Tu me donnes ton numéro de portable ?
-Euh… j’ai pas de portable (je sais, c’est pas bien de mentir. Mais sinon, il faudrait que je donne mon numéro de portable à au moins 5 personnes par jour !). Et je suis en retard pour l’école… Bonne journée !
"JEVEUXLESFRUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII" (ça, c'est ce que je comprends. tous les matins, tous les soirs, ce même cri d'une dame à travers les rues)
Ce soir là, j'ai de la chance : j'entends la dame au moment où je passe le portail de l'école
-Haïté (Haïté, c'est un des gardiens de l'école), qu'est-ce qu'elle crie la dame ?
-Elle dit que le ablo est prêt. Elle vend ablo.
Ablo, c'est des genres de petites galettes de riz cuites dans des moules, un peu sucrées. J'ADORE le ablo.
-Vraiment ? J'adoooore le ablo.
-Tu veux maintenant ?
-Euhhh
-"ABLOTON", crie Haïté
et en moins de 2, de la noirceur totale émerge une dame avec un grand plateau sur la tête. On descend le tout.
-Tu veux pour combien ? me demande haïté. 100 francs pour 4.
-4 ça va.
et hop, 4 galettes de ablo emballées dans un sachet en plastique
-tu veux la sauce aussi ?
-Bien sûr ! et hop, petit sachet de sauce - tomates, bouillon de poulet, oignons et bien sûr, les indispensables mini piments qui font que tout ici est très très épicé !)
-et poisson aussi ?
-tant qu'à faire !
-pour combien ?
-euhhh...
et comme on n'y voit rien, haïté sort son téléphone portable et active la fonction lampe de poche. la dame ouvre son chaudron de poisson et me montre les différents morceaux en me disant les prix. J'opte pour un beau morceau à 150 francs. et hop, poisson dans un petit sachet de plastique...
Et voilà comment j'ai résolu le mystère de cette dame que j'entendais crier dans la rue sans jamais la croiser depuis mon arrivée, et comment pour environ 30 sous je me suis déniché un eeeexcellent souper !
P.S. Le saviez vous ? Le 5 octobre, c’était la journée mondiale des enseignants ! On a fait circuler la nouvelle auprès de la direction et des élèves, et surprise ! à la récré, on avait des fleurs dans la salle des profs, et des croissants et du café. Y’a même des élèves qui avaient préparé et / ou acheter des gâteaux, des biscuits et des crêpes ! pas besoin de vous dire qu’on s’est gavé de sucre toute la journée !
Alors à tous mes collègues enseignants, bonne journée des enseignants !
Salut Mélanie,
RépondreSupprimerJe te trouve si chanceuse d'avoir mangé du ablo... J'en raffole et je n'en ai pas mangé depuis mon retour au Bénin. Promets-moi de m'en faire manger avec ta bonne dame lorsque nous irons te rendre visite!
En passant, nous avons opté pour l'achat d'une deuxième carte SIM pour éviter les traqueurs de numéro de téléphone. Tu leur donnes simplement ton numéro que tu n'utilises jamais dans le pire des cas!!
Gros becs!
Jean-Philippe xxx
J'en veux du ablo moi aussi! Merci pour tes aventures, elles sont tellement inspirantes
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