lundi 24 octobre 2011

Coquetterie... suite et fin !

J'aurais dû vous envoyer ce message depuis, mais la connexion internet fait souvent défaut ces temps-ci... Samedi matin, c'est donc samedi matin il y a un peu plus de 2 semaines maintenant (:

Samedi matin : mes 3paquets de mèches bien en main, Coco m’amène chez son amie qui a un salon de coiffure, Christine (il connaît toute la ville de Lomé, c’est pas croyable…). Son salon s’appelle « Chez Ezékiel ». En fait, le salon, c’est un toit en tôle soutenu par quelques poutres, à côté d’un arbre énorme. Un salon plutôt en extérieur quoi !

Sur des chaises en plastique (les chaises en plastique sont absolument essentielles dans la vie ici), 4 ou 5 dames qui se font coiffer, entourées par les filles du salon qui fourmillent d’une tête à l’autre… elles doivent être une bonne quinzaine, facilement identifiables par leur t-shirt blanc sur lequel il est écrit « chez ezékiel » en grosses lettres bleues… On m’installe sur un banc, et on me donne 3 vieux catalogues qu’on a recouvert avec du papier de noël qui n’est plus jeune jeune… je me mets à feuilleter le tout : c’est fou tout ce qu’on peut faire avec des tresses ici. Je tourne les pages usées, ça me rappelle les énormes catalogues Sears que je pouvais feuilleter pendant des heures quand j’étais toute petite ( :

« Tata Mélanie, tu veux quoi ? »
Oh, rien de très extravagant. Juste des mèches normales quoi !
On s’entend sur un prix. Je passe du banc à la fameuse chaise plastique, et c’est parti. Tata Christine fixe la 1ère mèche, et en moins de 30 secondes, ses doigts agiles font apparaître une longue tresse qui me descend jusqu’au nombril. Et là, en moins de 2, 5 tatas m’entourent et se mettent à attacher les mèches sur ma tête et à tresser… oh la la, ça tire dans tous les sens ! Mais comme j’adore me faire jouer dans les cheveux, et que j’ai l’habitude de tirer pour défaire des nœuds, je ne souffre pas trop, à la grande surprise des tatas qui me demandent à toutes les 2 minutes si ça fait mal. Mais non, ça va !

La technique donc : on prend un tout petit peu de vrai cheveux. À la racine, on attache une petite poignée de mèches synthétiques (ça c’est le bout qui où ça tire un peu). Puis, on tresse, et on fait un petit nœud au bout…

2h30 et environ 150 tresses plus tard (!!! J’ai trop de cheveux, c’est terrible), je peux enfin relever la tête et me dégourdir les jambes, yééééé !!! Mais je me réjouis un peu vite : c’est pas tout à fait terminé : d’abord, une tata a pris chaque tresse une par une pour couper les petits cheveux qui dépassaient. Puis, il a fallu faire tremper les bouts dans de l’eau chaude pour que ça prenne bien. Tata Christine est satisfaite : « regarde comme tu es jolie ! ». J’ai failli pas me reconnaître ! ça change ! Elle m’attache les cheveux – oh, là ça tire… c’est lourd tout ça – et TA-DAM ! Une toute nouvelle tête !

« Ah, maintenant tu es Africaine, vient que je t’embrasse ! », s’est écriée tata Maï quand je suis revenue à l’internat. Alors il faut croire qu’un peu de coquetterie, ça me réussit ( :

p.p.s. La route…suite !
En fait, suite n’est pas le mot le plus approprié. Sur la route, il ne se passe à peu près plus rien depuis une semaine. Les machines sont au bout de la rue, bien tranquilles… Mais cette semaine, il a plu toutes les nuits ou presque. Et quand il pleut, la route devient une véritable lagune ( : Avec un fond argileux en plus, question d’avoir les pieds bien « propres » en arrivant à l’école. Et comme cette nuit, il a plu vraiment, mais vraiment beaucoup, et comme le niveau de la route n’atteint toujours pas celui des caniveaux sur le côté de la rue, ben ce matin, des dizaines de gens avec des pelles, des seaux ou tout ce qui pouvait leur tomber sur la main écopaient l’eau de la route dans les caniveaux… Mes espoirs de voir le goudron apparaître un jour sur cette route s’amenuisent de jour en jour…

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